Pierre est né le 24 avril 1905 à Paris et décède à Lyon le 1er décembre 2001. Il est enterré à Grésy sur Aix-les-Bains (Savoie).


Vie professionnelle :

Ingénieur diplômé de l'Ecole de Physique et Chimie Industrielles de Paris (ESPCI) en 1927 (4ème de promo), il commence sa carrière au Collège de France au Service des poudres et explosifs. 

En 1929, il est détaché à l'institut de Chimie en tant qu'ingénieur puis en 1934, il est licencié suite à une compression de personnel. En mars 1935, il s'installe à Lyon et entre aux usines Rhône Poulenc où il a travaillé sur les acétates de cellulose. Mobilisé en 1938 à Thionvillle puis en 1939 à Aubervilliers, il sera finalement affecté à St Fons.

Durant la guerre, il mettra au point la fabrication en continu de l'oxyde d'éthylène et de ses dérivés sulfurés entre autres.

En 1946 on lui confie l'étude des silicones allant de la fabrication des méthyl-chlorosilanes à celle plus complexe des résines méthyl-phényles. C'est au cours de ces recherches qu'il découvre une méthode d'analyse basée sur les digrammes "densité-indice de réfraction".

A partir de 1954, il dirige l'ensemble des fabrications de la nouvelle usine des silicones "Rhodorsil", jusqu'à sa retraite en 1966.

Puis il s'installe à Nice avec sa femme.

 

Vie familiale :

Pierre se marie avec Elisabeth Lartigue (Babette) le 22 décembre 1931. Babette est la soeur de Gabrielle, femme de Marcel Ichac.

Ils ont eu trois enfants : Jacques, Nicole et Michèle.


 

Sur la montagne :

D'après Pierre, sa passion de la montagne viendrait de la traversée de la Mer de Glace par ses parents l'été précédant sa naissance.

A 10 ans, il reçut comme prix de français le célèbre ouvrage de Mummery : Mes escalades dans les Alpes et le Caucase qui est resté son livre préféré.

Dans sa jeunesse, il fait de nombreuses grandes randonnées en moyenne montagne avec ses parents. A 12 ans, à Avon il a prit plaisir à grimper en solitaire des rochers. Puis il s'entraîna dans le couloir de l'appartement à ramoner jusqu'au plafond.

En 1920 à la suite d'une mauvaise néphrite, un médecin déclara qu'il ne devrait jamais plus dépasser les 800 mètres d'altitude. Il fut envoyé en cure à St Nectaire puis en 1922 à Cauterets d'où il s'échappa avec un camarade de son âge pour faire son premier 3000.

L'année suivante, en 1923, il part en vacances avec ses parents aux Praz de Chamonix. Là il réussi à intégrer un groupe mené par un guide de Courmayeur qui va au sommet de la Dent du Géant, son premier 4000.

Au printemps 1924, il s'inscrit au Club Alpin français (CAF) et suit avec assiduité les  collectives d'escalades conduites par le président du GHM Jacques de Lépiney. Puis il intègre le GHM et débute sa "carrière amateur" d'alpiniste et totalisera, jusqu'en 1949, 255 sommets dont 40 de plus de 4000 mètres.


 

Sous la montagne :

Pierre a beaucoup parlé de spéléologie avec un collègue à l'Institut de Chimie. Félix Trombe venait souvent le rejoindre dans son laboratoire, et chacun parlait de son dada, comparait les matériels utilisés etc.

En 1934, Chamonix étant trop enneigé, il rejoint avec 2 amis Félix Trombe dans les Pyrénées. Là une pluie incessante retarde l'attaque du gouffre du Plantillet, objectif principal de Trombe qui était descendu l'année précédente à -80 m. Le jour J, Trombe blessé laisse Pierre descendre à sa place. Là Pierre et ses amis descendent en rappel  et après le déblaiement d 'une fissure atteignent le fond d'une salle à -126 m. Signalons, au passage, que ce gouffre est l’orifice supérieur du réseau Trombe qui est le 5ème -1000 m de France.

C'est peut être ce jour là que naquit la passion de Pierre pour la spéléologie. 

A partir de 1935, Pierre visite et explore la majorité des gouffres des Alpes signalés dans la bibliographie (La France ignorée de Martel entre autres). Pierre pense que toute cavité fait partie d'un ensemble, l'ouvrage de Martel le dirige sur 2 d'entres eux : le Parmelan et le trou du Glaz. C'est sur ce dernier, plus poche de Lyon, qu'il porte son choix.

En 1936, il descend le P36 et atteindra -265 m. 50 ans plus tard il apprendra qu'il avait battu à l'époque le record de France de profondeur. Il explorera la dent de Crolles jusqu'en 1947. Il continuera la spéléologie dans d'autres lieux jusqu'en 1954. Il organisa des stages, des camps avec le CAF, les spéléo-clubs de Paris et Lyon ainsi qu'avec le spéléo-club alpin de Lyon.

En plus de ses nombreuses observations scientifiques, il adaptera principalement avec Fernand Peltz le matériel d'escalade aux besoins de la spéléologie.


 

Le Photographe :

Pierre reçoit pour ses 18 ans l'appareil photo de sa mère qui date de 1904 : un kodak à soufflet de 8x10 1/2 doté d'un objectif Goërz. Il l'utilisera jusqu'en 1951, où il fut vole, malgré ses inconvénients : un poids d'un bon Kg et les 8 photos disponibles par pellicule. Il sera quand même le compagnon aussi bien en montagne qu'en spéléologie.

Pierre a pris un peu plus de 2000 photos en montagne et possédait très certainement une des plus grand collection de photos amateur de la région de Chamonix de l'époque. Il développait lui même ses photos et a obtenu plusieurs prix.

Il a naturellement fait des photos sous terre. Mais les flashs n'existant pas encore il a du bricoler lui même ses éclairages. Il a pris un peu plus de 700 photos dont beaucoup ont été tirées en diapositives pour illustrer ses 33 conférences sur la dent de Crolles qu'il a donné entre 1937 et 1952, notamment salle Pleyel à Paris et salle rameau à Lyon.

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